Un chef d’œuvre né d'une catastrophe

En 1966, c’est le drame. Une inondation sans précédent ravage Venise et la Fucina degli Angeli.

La plupart des pièces, dessins et documents sont détruits.

En tentant de sauver ce qui reste des archives, le maître du verre retrouve, dans la vase, les dessins du jeu d’échec, miraculeusement sauvés des eaux.

Au plus profond du désespoir, l’artisan vénitien décide de réagir.
Il se souvient du défi de Max Ernst et se dit que la réalisation d’une telle œuvre pourrait sauver ses ateliers.

Il en parle à Max Ernst, qui pour soutenir la Fucina degli Angeli, accepte de lui donner la propriété de l’échiquier contre celle des prototypes de chaque pièce et pour autant qu’elle en finance la production.

Admiratif du courage du vénitien, un fantastique mouvement de solidarité se créa spontanément autour de Peggy Guggenheim.

De nombreux artistes, dont Max Ernst lui-même, l’aidèrent en lui donnant de nouveaux dessins pour financer le projet.

Enfin, les artisans, qui avaient refusé leur collaboration avant l’inondation, le soutenaient pour qu’il réalise ce défi, certains proposant même de travailler gracieusement.

Ainsi, il fallut la catastrophe de Venise pour réunir les énergies capables de réaliser le rêve fou de Max Ernst.